Burn Out (2018) : notre critique du film de Yann Gozlan

Je me méfie toujours des films gravitant autour de l’univers de la moto, presque autant que de ceux gravitant autour de l’univers de l’informatique, et pour les mêmes raisons : j’ai cette crainte d’aller de cliché en cliché et de ne pas réussir à entrer dans l’intrigue à cause d’un trop grand nombre d’erreurs, d’invraisemblances, d’imprécisions, d’illogismes. On essaie trop souvent de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, et si ça peut passer crème auprès du grand public, ce n’est évidemment plus le cas auprès d’un public averti comme peut l’être notre communauté. Parfois, on a aussi des résultats proches de xXx ou de Fast and Furious, et merci mais non merci (vous souvenez-vous de Torque ? Hahahahaha. Pardon.). Serait-ce le cas ici ?

Pour autant, lorsque nous avons été conviés à l’avant-première du film Burn Out et que j’ai vu la bande annonce, mes craintes ont évolué. Ce film me paraissait plutôt crédible, mais j’avais maintenant peur du « film d’action à la française ». Mais si, vous savez, ce syndrome « Julie Lescaut » : les courses poursuites en Mégane à 65km/h, les textes mal lus, les expressions mal jouées, le rendu cinématographique style « film de vacances », etc. Et puis j’ai vu qu’il était réalisé par Yann Gozlan, réalisateur du film Un Homme Idéal avec Pierre Niney, que j’avais bien apprécié ! J’étais donc partiellement rassuré.

La demi-boule au ventre (OK, j’en rajoute), j’entre dans la petite salle du Gaumont, toute de velours rouge vêtue, je dépose mon casque à mes pieds, je me mets à l’aise et je regarde autour de moi. Principalement d’autres blogueuses et blogueurs. On a aussi le réalisateur dans la salle. Au rang de derrière, quelques places sur le côté, est installé Ze Chevalier, oui oui, Monsieur Serge Nuques en personne, qui a réalisé les cascades du film. Ça commence à promettre. L’acteur principal, François Civil, est absent car avec sa famille pour les fêtes, en ce 21 décembre, mais il nous a préparé un message vidéo personnel et c’est sympa, ça donne le ton.


Le scénario

Un passionné de moto, Ducatiste devant l’éternel (personne n’est parfait), rêve de devenir pilote professionnel en Superbike (SBK). Il est doué mais pas encore célèbre, aussi il bosse à côté, pour pouvoir manger. Il est jeune père de famille mais son couple a visiblement battu de l’aile (on comprend que l’arrivée de l’enfant a peut-être eu lieu tôt pour eux). La mère de son fils, pour mettre un peu de beurre dans les épinards, se retrouve redevable de la pègre manouche qui la menace si elle ne les rembourse pas très vite. Notre héros s’en mêle et se retrouve à faire des Go Fast pour eux. C’est le début d’un tourbillon infernal et d’un film pour le moins haletant.


La réalisation

Préparez-vous, j’ai trouvé cette expérience organique. Le mot est peut-être fort, mais ça correspond à ce que j’ai ressenti pendant la séance. Les images sont très immersives, déjà, notamment grâce à des vues embarquées (dont la réalisation technique n’a vraisemblablement pas été une sinécure) et à un montage très dynamique, de qualité, vif et incisif sans être brouillon ni source de migraine. Ensuite, grâce à la bande son et aux effets sonores : les réalisateurs oublient trop souvent, je trouve, l’impact inconscient qu’un film peut avoir en passant par le sens auditif. Le cerveau reçoit un tas de stimuli, mais si les stimuli visuels sont filtrés d’une façon relativement consciente, on est bien moins aiguisés, pointus, exercés et attentifs pour ce que nos oreilles perçoivent. Par conséquent, c’est une belle porte d’accès à nos émotions, Yann Gozlan l’a bien compris et il en joue tout du long.

On pourra toutefois faire quelques reproches comme un manque de fidélité de la sonorité de la Panigale 1299S (qui, comme souvent dans les films, sonne comme un quatre-cylindres en ligne et non comme le L2 —bi-cylindres en L— dont il s’agit), ou une incohérence relative au bridage de la moto (je pourrai donner davantage d’infos suite à la sortie du film). Cela dit, et il est important de le souligner, hormis ces deux petits cafouillages, le reste fonctionne franchement. On se cramponne au siège, et le titre du film exploite pleinement les deux facettes du terme : à la fois la gomme brûlée, la vitesse, l’adrénaline, le sport, et à la fois la fatigue extrême, la sensation d’emprisonnement, l’étouffement, l’épuisement, la crise de nerfs.


Notre avis

Burn Out n’est pas un film exempt de défauts, et certains petits couacs pourront faire grincer des dents les experts de notre communauté, mais il n’en demeure pas moins l’un des films traitant le sujet de la moto le plus justement. Ce n’est pas non plus un film bourré aux stéroïdes, on est pas sur Le Transporteur, et ce n’est pas non plus Julie Lescaut, loin s’en faut. Les acteurs performent bien, les cascades sont très bien réalisées, on en a pour tous les goûts, et le cocktail donne un résultat plutôt convaincant et très divertissant.


Le film sort en salles le 3 janvier 2018, et nous vous invitons à vous faire votre propre avis sur le sujet. N’hésitez pas à le donner ensuite dans les commentaires afin que nous puissions en débattre !


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