Essai HONDA X-ADV 2017

Logo HondaDans le cadre du lancement de leur nouveau modèle, HONDA œuvre de concert avec Motards-IDF pour vous faire découvrir le dernier né de la gamme 2017. La particularité de nos essais ? Ils sont réalisés par des non-professionnels, des motards comme vous et moi, et sont basés sur le ressenti personnel de l’essayeur, sans parti pris (on évoque les qualités comme les défauts), c’est la règle du jeu !

Retrouvez ci-dessous notre dixième essai : celui du HONDA X-ADV. Bonne lecture !


Essayeur : Pianographe

Portrait Pianographe

En plus de huit ans de permis A, je n’ai possédé que des roadsters. Tous différents, certes, mais appartenant à une même catégorie de motos : FZ6, Bandit, FZ8 puis XJR1300 aujourd’hui. Je suis ce que l’on appelle communément un « roule toujours » : je roule par tous les temps (sauf neige compacte et verglas, évidemment), j’aime rouler la nuit, en campagne, en plein Paris, sur le périph’, pendant les orages apocalyptiques, etc.

En contre-partie, je n’ai jamais posé mes pneus sur la piste d’un circuit et je ne suis pas du genre à consommer les sliders par packs de 12 les mois d’été. Cela ne m’empêche pas de prendre de plus en plus d’angle (à mon niveau) et d’y prendre un plaisir coupable, mais la conduite dite « sportive » (genou au sol, balancement complet de la moto) m’est bien inconnue.


Préambule

Lorsque HONDA nous a proposé de tester leur nouveau véhicule, répondant au nom évocateur de X-ADV, nous n’avons pas hésité longtemps. En effet, le X-ADV, donné en successeur légitime à l’Integra 750, bandait les muscles et se revendiquait véhicule précurseur, SUV à deux roues, croisement optimal entre moto et scooter, véritable crossover.

Mais nous, chez Motards-IDF, on se rappelait bien la promesse similaire faite avec l’Integra 750, hé ! Un motard averti en valant deux, on a sauté sur l’occasion pour vérifier ce qu’il en était. Les défauts du brouillon avaient-ils été corrigés ?

HONDA semble avoir cerné les faiblesses du modèle précédent, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le japonais a revu sa copie, et ce, presque de fond en comble.

D’abord, il faut préciser que le projet est né dans la tête d’un designer européen, italien pour être précis. Suite à la location d’un scooter, en vacances, et devant les difficultés à progresser aux abords d’une jolie plage avec sa dame, s’est imposée la question suivante : pourquoi n’y a t-il pas un deux-roues tous chemins, aussi bien adapté au roulage urbain​ qu’à l’off-road occasionnel ?
Fort de ce constat, il a planché sur le concept du X-ADV et a obtenu un résultat pour le moins atypique : un O.R.N.I. (ndla : Objet Roulant Non Identifié), une machine empruntant à la fois à la moto (moteur bicylindres à 270° de 748cc, hauteur de selle de 820mm, roue 17″ à rayons à l’avant, roue 15″ à rayons à l’arrière, chaîne de transmission, freinage avant composé de deux disques ventilés et d’étriers radiaux) et au maxi-scooter (capacité d’emport agréable permettant le stockage d’un casque intégral, position des jambes typique du scooter, boite DCT à double embrayage, consommation modérée).

Le X-ADV a été ainsi nommé pour les raisons suivantes : le « X » se dit « Cross », dans la langue de Shakespeare, ce qui signifie le croisement. On retrouve l’idée dans la dénomination « Crossover » : c’est un mélange des genres. Il y a en revanche une ambivalence pour le terme « ADV » qui fait à la fois référence à « Advanced » pour son niveau de technologie embarquée et à « Adventure » pour ses capacités off-road ! Le X-ADV est-il donc bien nommé ?


Le tour du propriétaire

Les motard(e)s qui n’aiment pas avoir la même machine que tout le monde seront certainement satisfaits par le look tout à fait atypique de cet X-ADV : un aspect un brin trapu, mais semblant tout de même civilisé, un équilibre entre l’esprit baroudeur et l’esprit urbain, des jantes à rayons du plus bel effet (attention au nettoyage).

La finition est soignée, on sent une qualité perçue tout à fait honnête, et cela ressort d’autant plus avec le coloris HRC de mon modèle d’essai. On profite d’un éclairage full-LED du plus bel effet, ainsi que d’un tableau de bord type écran numérique couleur, comme ce que l’on peut trouver sur les sportives de dernière génération. L’information y est aussi complète que lisible, même avec le soleil. On notera une bascule automatique de l’écran en mode nuit dès que l’on entre dans un tunnel, par exemple (ou qu’il fait… nuit), qui consiste à une inversion du contraste et passe l’affichage en blanc sur fond noir, pour moins d’éblouissement. Bien pensé.

Un système de Smart Key est présent, comme sur les voitures récentes : pas de clé dans le neiman, il suffit de l’avoir sur soi et, d’une simple pression, la machine s’éveille. Une sécurité existe néanmoins, de sorte à pouvoir verrouiller le véhicule et que la proximité seule ne suffise pas à déverrouiller (il faudra donc appuyer sur le bouton de la clé pour rendre l’allumage auto possible) : pratique pour éviter un bike-jacking, par exemple.

L’un des avantages des racines « scooter » du X-ADV est sa capacité d’emport de 21L, grâce à sa roue arrière plus petite : soulevez l’assise et vous trouverez un espace de rangement considérable, suffisant pour loger quelques bouteilles d’eau, un U, un bloc-disque, un casque intégral et quelques affaires supplémentaires comme votre chargeur de téléphone portable, par exemple.

Honda X-ADV 2017 - 15 - Coffre 1 Honda X-ADV 2017 - 16 - Coffre casque GoPro

Note : la GoPro en fixation latérale, ça ne passe pas ! Smiley Siffleur

On trouvera également d’autres éléments sympathiques comme une béquille centrale, un sabot moteur alu, une transmission secondaire par chaîne (certains pourraient dire que c’est un inconvénient, notamment en termes d’entretien, mais c’est la mode de transmission qui restitue le mieux la puissance à la roue arrière), des suspensions à grand débattement pour un meilleur confort.


Essai routier

L’essai se fera sur les routes de l’Hérault, au départ de Pézenas, presque sous le chant des cigales. Je quitte la ville en me familiarisant avec la bête, en m’habituant à la position scooter (mais plus haute), peu naturelle pour moi.

Alors que je commence à sérieusement prendre mes marques après au moins 3 minutes de roulage (on s’y fait vite, honnêtement), un R1 (pardon, devrais-je dire un Yamaha YZF-R1) me double en m’ignorant. Je n’ai pas l’habitude d’être transparent aux yeux des collègues motards ; est-ce l’effet look scooter ?

Qu’à cela ne tienne, je décide d’éprouver la boîte DCT et de tenter de lui emboîter le pas, sans y croire. Je suis en mode S2, le deuxième mode le plus sportif (sur 3) du mode sport (S). Je suis surpris car, malgré une légère latence induite par la poignée dans l’angle et le temps nécessaire à l’électronique pour tomber deux rapports et envoyer les watts, eh bien quand ça arrive, ça arrive certes en douceur, mais la poussée est franche et linéaire, et j’atteins rapidement une vitesse répréhensible, commençant à sérieusement réduire mon écart avec mon poisson-pilote. Je réussirai à le suivre durant 6 ou 7 kilomètres de départementales, après quoi nos chemins divergeront et heureusement pour lui, pour le coup : il aurait très certainement quitté sa zone de confort peu après.

Sur ces 6 ou 7 premiers kilomètres, je teste un peu tout. La bulle est en position haute depuis le départ (mon réglage), afin de tester la protection maximale au vent que le X-ADV peut offrir. C’est efficace, je peux atteindre les vitesses maximales autorisées sans jamais ressentir les effets du vent ! La boîte est bien étagée et me met rarement dans des situations de régimes moteurs inadéquats par rapport à ce que j’aurais manuellement choisi. C’est une bonne surprise.

Le X-ADV prend très aisément de l’angle. Au début, j’étais timide, avec la monte mixte… Mais très vite, on sent que ça accroche très correctement, et le poids est si bien réparti en roulant que la mise sur l’angle est un jeu d’enfants, en plus d’être rassurante.

Quant au freinage, il est tout à fait convaincant, ce qui n’a rien d’étonnant lorsque l’on épluche la fiche technique ! On dispose d’un double disque à l’avant, d’un disque à l’arrière, de l’ABS partout. Ça mord, ça mord fort mais sans jamais faire peur. L’ABS, je le déclencherai 3 ou 4 fois dans la journée, dont une fois involontairement, nous y reviendrons.

Le X-ADV semble tenir ses promesses routières, offrant un agrément presque parfait sur route : une bonne tenue de cap, une bonne protection au vent, du couple, une boîte bien étagée et agréable en ville comme en arsouille, de quoi ranger le pique-nique sous la selle… Je lui trouverai un défaut suite à une erreur de parcours et à la nécessite de faire demi-tour : son poids conjugué à sa hauteur de selle le rendent difficile à manœuvrer pour faire demi-tour dans un espace exigu, pour moi qui ne mesure qu’1m73. On ressent bien la selle à 820mm. Elle est un véritable atout au roulage, mais devient pour moi un inconvénient dès lors qu’il faut manœuvrer. Cela est également dû à la largeur du plancher, encadré de marche-pieds, le reste du temps plutôt pratiques.

Un autre défaut que je lui trouverai apparaîtra sur une route très bosselée (qui a dit « piste noire » ?) : ça secoue vraiment, le cucul décolle de la selle et vient la taper sur le rythme d’un morceau hard-teck (elle est heureusement large et moelleuse, ce qui compense un peu), faute d’avoir entre les genoux de quoi serrer le véhicule, comme on le ferait avec le réservoir d’une moto, par exemple. Pour pallier ce comportement, notamment sur chemins de terre, une option peut s’avérer très utile : les repose-pieds pièges-à-loup (avec des dents), qui permettent la station debout bien ancrée et un meilleur feeling sur les revêtements difficiles.

Un presque sans faute, donc ? Et la promesse d’aventure, alors, ça donne quoi ?


Essai off-road

Rapidement, les petites routes de montagne deviennent aussi graveleuses que l’humour motard, sales de terre, d’herbe et de cailloux. L’instinct et l’habitude font qu’on est méfiant et très prudent au début, puis beaucoup moins une fois que l’on comprend que ça accroche, ou alors que les petites glissades sont toujours éphémères et maîtrisables. Enfin, on finit par en jouer et par tirer le diable par la queue.

Honda X-ADV 2017 - 12 - Offroad Statique

A cette occasion, dans un excès de confiance, je finirai par me faire surprendre sur un virage en crête, se refermant, avec le grand saut en face, pour qui se raterait. Pris un peu au dépourvu, j’attraperai avec vigueur les freins avant et arrière (situés tous deux au guidon, la poignée de gauche étant libérée de l’embrayage puisque la boîte DCT est là), déclenchant pour la première fois l’ABS sur des graviers, à l’avant comme à l’arrière. Ça secoue un peu, ça claque, mais c’est diablement efficace (et heureusement !). Testé, et approuvé. Autant, je ne suis pas convaincu de l’utilité sur routes goudronnées, car le pilotage doit être au niveau de compenser l’ABS, mais c’est un avis personnel, autant sur un revêtement meuble, je suis 100% pour !

Honda X-ADV 2017 - 18 - Offroad Pianographe 02 Honda X-ADV 2017 - 17 - Offroad Pianographe 01

Au jeu des routes terreuses et des chemins non carrossables, le X-ADV semble tout à fait dans son élément. Il se trouve que nous avons d’ailleurs, au sein du staff qui nous accompagne, une légende : Monsieur Jean-Michel BAYLE, multiple champion du Monde et d’Amérique en moto-cross/enduro, et il s’en donne à cœur joie avec cette petite machine atypique : drifts en roulage, sauts de cabri, rythme dynamique sur la terre battue, il nous en met plein les mirettes (sans frimer pour autant).

Honda X-ADV 2017 - 12 - Offroad JMB

Nous n’irons pas avec le dos de la cuillère, et sur le chemin menant à la plage de l’Octon, le X-ADV devra passer l’épreuve du feu, ou en l’occurrence, de l’eau, avec le franchissement de deux gués ! Le premier sera presque anecdotique (celui de la photo), le second, en revanche, sera bien plus profond (80cm sauf sur le bord droit, où je passerai). Au delà du côté ludique, c’est un réel exercice et il faut souligner que la nouvelle machine de chez HONDA ne pâlit pas et remplit le contrat sans difficulté.

Honda X-ADV 2017 - 13 - Offroad Gué

D’ailleurs, j’en ai gardé quelques stigmates pendant un bon quart d’heure (eh oui, pas plus ! Eh ! Il faisait grand beau !)

Honda X-ADV 2017 - 14 - Offroad Bottes Mouillées


Conclusion

Il va sans dire que j’ai été très agréablement surpris par cette machine étonnante : si je n’étais pas réfractaire au look scooter et que mon besoin quotidien le justifiait, je céderais très vraisemblablement à ce X-ADV si facile à prendre main, si pêchu en roulage normal, si pratique et comfortable, avec en prime le potentiel confirmé pour des parenthèses sur chemins de terre, herbe, cailloux, sous-bois, etc.

Honda X-ADV 2017 - 18 - L'Octon Pianographe

En outre, sa consommation est parfaitement raisonnable : malgré l’avoir souvent sollicité assez fort, poignée dans l’angle, la majeure partie de la journée, avoir grimpé des routes de montagne, franchi des buttes, gués, avoir traversé plusieurs villes, etc., je n’ai pas dépassé 4.8L/100km de moyenne, en fin de journée ! Avec un réservoir de 13,1L, cela laisse de quoi voir venir !

J’ai bien relevé quelques défauts mais ils restent mineurs et n’entachent pas, à mon sens, les qualités du véhicule. Toutefois, l’un des derniers critères pouvant constituer un frein serait peut-être son tarif : commercialisé à 11.499€ pour venir concurrencer directement le T-Max (même si ses revendications sont différentes), il ne sera pas forcément à la portée de toutes les bourses, mais c’est peut-être aussi la façon qu’a HONDA d’exprimer qu’il appartient à la grandes famille des SUV, tant par les performances que par le prix.


Vidéo de l’essai :

URL : Essai HONDA X-ADV 2017

1 commentaire sur “Essai HONDA X-ADV 2017

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